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Le pagne wax : histoire et usages d'un tissu emblématique

Tissu incontournable des garde-robes africaines, le wax a une histoire étonnante, entre Asie, Europe et Afrique.

Par Rédaction MAARIFA2 min de lectureVérifiépreuves 85 %

Coloré, graphique, porteur de messages : le pagne wax est devenu l'un des symboles les plus visibles de la mode africaine. On le porte au quotidien comme dans les grandes occasions, en pagne, en robe, en chemise ou en accessoire. Pourtant, son histoire est plus complexe qu'on ne l'imagine.

Une technique inspirée du batik

Le mot « wax » signifie « cire » en anglais. Il fait référence à la technique utilisée pour imprimer les motifs : la cire est appliquée sur le tissu pour protéger certaines zones de la teinture. Cette technique s'inspire du batik, un art textile traditionnel d'Indonésie, notamment de l'île de Java.

Un détour par l'Europe

Au XIXe siècle, des industriels européens, en particulier néerlandais, ont cherché à mécaniser la fabrication du batik. Le produit obtenu, avec ses craquelures et ses légères imperfections caractéristiques, a trouvé un public enthousiaste en Afrique de l'Ouest, où il a été diffusé par les réseaux commerciaux. Les consommateurs et les commerçants africains, et notamment les commerçantes, ont joué un rôle majeur dans le choix des motifs et des couleurs, adaptant le tissu aux goûts locaux.

Des motifs qui parlent

L'une des particularités du wax est que ses motifs portent souvent des noms et des significations. Selon les pays et les époques, un dessin peut évoquer un proverbe, un événement, une émotion ou une situation sociale. Porter un pagne peut ainsi devenir une manière de communiquer un message, avec humour ou subtilité. Ces noms varient d'une région à l'autre et se transmettent souvent oralement.

Wax, fancy et autres tissus

On distingue généralement :

  • le wax, imprimé à la cire, de qualité supérieure, avec des couleurs identiques des deux côtés ;
  • le fancy, imprimé industriellement sans cire, plus abordable ;
  • les tissus traditionnels africains comme le kente du Ghana, le bogolan du Mali ou les raphias de RDC, qui relèvent d'autres techniques et d'autres histoires.

Un débat sur l'authenticité

Le wax fait l'objet de débats : est-il « vraiment » africain, alors que sa fabrication a longtemps été dominée par des usines européennes, puis asiatiques ? Beaucoup répondent que l'appropriation africaine, par les usages, les noms et la création, en a fait un tissu profondément africain. Parallèlement, des créateurs valorisent de plus en plus les productions et tissus fabriqués sur le continent.

Une mode en mouvement

Aujourd'hui, les stylistes africains et de la diaspora réinventent le wax dans des créations contemporaines, présentées dans les défilés et sur les réseaux sociaux. Le tissu habille aussi la décoration, les accessoires et même les objets du quotidien.

À retenir

Né d'une technique indonésienne, industrialisé en Europe et adopté puis transformé par les sociétés africaines, le wax est un tissu au parcours mondial. Ses motifs racontent des histoires, et la création africaine continue de le réinventer.

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