Comprendre la ZLECAf, la zone de libre-échange continentale africaine
Objectifs, fonctionnement, opportunités et défis du plus vaste projet d'intégration commerciale du continent.
La Zone de libre-échange continentale africaine, ou ZLECAf (AfCFTA en anglais), est l'un des projets phares de l'Union africaine. Elle vise à créer un vaste marché commun à l'échelle du continent. Que prévoit-elle et qu'est-ce que cela change pour les entreprises et les consommateurs ?
Un accord continental
L'accord portant création de la ZLECAf a été signé en mars 2018 à Kigali et est entré en vigueur en 2019. Les échanges commerciaux dans son cadre ont officiellement débuté en janvier 2021. Son secrétariat est installé à Accra, au Ghana. La quasi-totalité des États membres de l'Union africaine l'ont signé, et une large majorité l'a ratifié.
Les objectifs
La ZLECAf poursuit plusieurs objectifs :
- supprimer progressivement les droits de douane sur la grande majorité des marchandises échangées entre pays africains ;
- réduire les obstacles non tarifaires : lenteurs administratives, normes divergentes, contrôles multiples ;
- libéraliser le commerce des services ;
- stimuler l'industrialisation et la création de chaînes de valeur africaines.
Aujourd'hui, les pays africains commercent davantage avec le reste du monde qu'entre eux. La ZLECAf veut inverser cette tendance.
Comment ça fonctionne ?
Chaque pays présente un calendrier de démantèlement tarifaire. Les règles d'origine sont essentielles : pour bénéficier des avantages, un produit doit être suffisamment fabriqué ou transformé en Afrique, afin d'éviter que des produits venus d'ailleurs ne transitent simplement par un pays membre.
L'accord comprend aussi des protocoles sur l'investissement, la concurrence, la propriété intellectuelle et le commerce numérique. Un mécanisme de règlement des différends permet de traiter les litiges entre États.
Des opportunités
Pour les entreprises, un marché plus grand permet de vendre au-delà des frontières nationales, de réaliser des économies d'échelle et d'attirer des investissements. Pour les consommateurs, la concurrence peut élargir le choix et faire baisser certains prix. Les petites et moyennes entreprises, ainsi que les commerçants transfrontaliers, notamment les femmes, sont identifiés comme des bénéficiaires potentiels.
Des défis
La réussite de la ZLECAf dépend de plusieurs conditions :
- les infrastructures : routes, chemins de fer, ports et énergie ;
- la facilitation des échanges : postes-frontières à guichet unique, numérisation des procédures ;
- l'harmonisation des normes ;
- la protection des secteurs fragiles, pour que l'ouverture ne pénalise pas les productions locales ;
- la mise en œuvre effective des engagements par chaque pays.
Et la RDC ?
Située au cœur du continent et membre de plusieurs communautés économiques régionales, la RDC est concernée à la fois comme marché, comme producteur de matières premières et comme pays de transit. La transformation locale de ses ressources est souvent présentée comme une clé pour tirer profit de l'intégration.
À retenir
La ZLECAf ambitionne de faire de l'Afrique un marché unique en réduisant les droits de douane et les obstacles au commerce. Son impact dépendra des infrastructures et de la mise en œuvre concrète par les États.
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- Sources
- 1 source consultée
Sources citées
- Secrétariat de la ZLECAfau-afcfta.org
Site officiel du secrétariat de la Zone de libre-échange continentale africaine.
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